GN : Comment simuler un combat médiéval ...

14 janvier 2008 21:16 | Insomniaque | 3 commentaires

 

Comment simuler un combat médiéval avec des armes en mousse latexée, sans avoir l'air ridicule de chasseurs de mouches?

(Posté initialement sur parano.be, secteur GN, le 08-NOV-2007 :
http://www.parano.be/v15/news.php?action=listing&secteur=GN&news_id=48281
et sur le forum "Parlons du Gn" de larp.be, le 13-NOV-2007 :
http://www.larp.be/forums/index.php?showtopic=8687)

Vous avez déjà sûrement tous regardé un combat de GN de l'extérieur, ne fut-ce qu'en regardant le film de votre activité favorite.

Ne trouvez-vous pas qu'on a tous l'air ridicule? Un vrai combat de ta**ttes! Je n'ai jamais eu l'occasion de faire un voyage dans le temps vers le Moyen-Âge, ni de me translater dans la réalité parallèle d'un quelconque univers med-fan, mais je suis à peu près persuadé que ces grosses brutes se battaient autrement que nous.

Pourquoi, alors que nous faisons tant d'effort pour améliorer la crédibilité de nos univers de jeu, n'avons-nous pas encore résolu ce 'problème' si flagrant ?

Il me semble qu'il s'agit une fois de plus de l'éternel tiraillement entre les 3 motivations du jeu de rôles : la compétition, la simulation, et la narration. Et dans ce cas-ci le grand perdant est la simulation, qui s'efface principalement au profit de la compétition. En effet, la plupart des joueurs favorisent le fait de 'gagner' un combat (motivation de la compétition) à son aspect visuel (motivation de la simulation). Nous sommes donc à la recherche d'efficacité plutôt que d'esthétique. Et la structure des armes que nous utilisons, rendue nécessaire par des impératifs de sécurité, débouche sur une efficacité de chasseurs de mouches.

Les armes que nous utilisons, le style de combat pratiqué en GN, et les règles simulant le combat, découlent donc du profil type des joueurs de GN, pour lesquels la compétition prime le plus souvent sur la simulation. Mais il devrait alors être possible d'adopter un autre style de combat dans une session de GN dont les joueurs auraient un profil plus motivé par la simulation.

Quelques liens traitant de ce sujet:

3 commentaires

ROME : Quelques idées de lecture

10 janvier 2008 22:16 | Serein | 1 commentaire

 

(Posté initialement sur parano.be, secteur GN, le 23-SEP-2007 :
http://www.parano.be/v15/news.php?action=listing&secteur=GN&news_id=45898)
Voici quelques idées de lecture autour du thème de ROME, basées sur mes lectures plus ou moins récentes. J'en ai surement oublié tout plein.

"Imperium" par Robert Harris

Ce roman nous fait découvrir les arcanes de la politique de la fin de la République. Alors que César n'est encore qu'un avocat prometteur, et que Pompée règne sur le Sénat, nous suivons l'ascension étonnante de Cicéron, issus de la plèbe, et qui accèdera aux plus hautes charges de l'État.

"Pompéi" par Robert Harris

Cet autre roman du même auteur nous fait cette fois découvrir la vie quotidienne au Ier siècle après JC. Non seulement on découvre comment s'organisait la vie dans une ville de province, mais également on a un aperçu de la maitrise technique à laquelle les romains étaient arrivés. De plus, l'histoire est réellement captivante, constituée à la fois d'une intrigue policière et d'une histoire romantique, le tout à la veille de l'apocalypse qui devait s'abattre sur Pompéi.

"Quo vadis ?" par Henryk Sienkiewicz

J'ai lu et relu ce roman il y a plus de 20 ans, à l'époque j'ai adoré. Ce roman raconte l'histoire d'amour antre un romain et une chrétienne durant les persécutions de Néron, et finit en apothéose pendant l'incendie de Rome déclenché par le tyran. Un film sorti en 1951 en a été tiré.

"La Guerre des Gaules" par Jules César

Ce livre décrit la campagne des Gaules. Outre la description des grandes batailles, il permet aussi de se rendre compte que de nombreux autres facteurs conditionnent le succès de la guerre, comme le jeu des alliances, la maitrise technique, la désinformation ... Le succès des romains n'était pas dû uniquement à leur qualité dans les batailles.

"Greek and Roman Warfare: Battles, Tactics and Trickery" par John Drogo Montagu
Ce livre (en anglais) analyse justement tous les facteurs dont la maitrise permettait la victoire durant les guerres de l'antiquité. L'auteur montre que la victoire dans la plupart des batailles était due à une bonne préparation permettant de commencer la bataille dans les meilleures conditions. Mais on découvre avec surprise que certains désastres ne sont dus qu'à l'incompétence d'un général, ou à la superstition (on ne commence pas un combat tant que les 'augures' ne sont pas favorables), ou encore à des compromis politiques foireux (exemple : l'armée est dirigée à tour de rôle par deux consuls, un jour sur deux).

"Greece and Rome at War" par Peter Connolly
Ce livre (aussi en anglais) regroupe en ensemble d'articles sur la guerre pendant l'antiquité. il complète bien l'ouvrage précédent. Son propos est plus diversifié. De nombreuses illustrations permettent de mieux comprendre : les batailles, l'organisation des unités, les équipements ...

"Murena" par Jean Dufaux (scénario) et Philippe Delaby (dessins)
Cette bande dessinée donne une très juste description de la vie à Rome au Ier siècle, à l'aube de l'arrivée au pouvoir de Néron. Oubliez Asterix !
Cette série qu'on ne présente plus vaut toujours le détour. Dans la série parallèle "Les Voyages d'Alix", l'auteur utilise son héros pour présenter de manière ludique des ouvrages didactiques bien documentés couvrant toute une série de sujets de l'antiquité.

1 commentaire

La légion romaine et la centurie

7 janvier 2008 02:09 | Neutre | 0 commentaire

 

(Posté initialement sur parano.be, secteur GN, le 23-SEP-2007 :
http://www.parano.be/v15/news.php?action=listing&secteur=GN&news_id=45882)

La centurie est l'une des divisions les plus connues de l'armée romaine, mais savez-vous tout ce que ce terme recouvre ?

Au début de la République, l'armée était constituée par tirage au sort. Seuls les citoyens avaient le droit(!) de faire partie de l'armée. Tous les citoyens étaient regroupés dans des classes censitaires (circonscriptions basée sur la richesse), appelée aussi 'centuries'. Chaque classe devait envoyer suffisamment d'hommes dans l'armée pour constituer une unité d'environ 80 hommes (à cette époque), unité appelée également 'centurie'.

Or toutes les classes censitaires n'étaient pas comparables. Celles constituées des citoyens les plus aisés étaient moins grandes que celles constituées des plus pauvres. Comme le nombre d'hommes était constant (80), la proportion était la plus importante chez les 'riches'. Les riches participaient donc proportionnellement plus que les pauvres à la défense de la ville. En effet : les riches avaient plus à défendre que les pauvres, et aussi ils avaient plus de moyens pour payer leur équipement (à l'époque chaque soldat devait payer lui-même son équipement).

D'autre part, ce sont les mêmes classes censitaires, ou centuries, qui étaient utilisées lors des élections des magistrats supérieurs (lors des 'comices centuriates'). Or, souvenez-vous que les centuries formées des citoyens les plus riches étaient moins grandes. Comme chaque centurie avait une 'voix' lors des élections, on comprend qu'un riche pesait plus lourd qu'un pauvre lors des votes. Ce qui était parfaitement justifié par le principe que ce sont qui participent le plus à la défense de la Cité qui ont le plus droit à peser sur les décisions.

Du point de vue militaire, les 18 premières centuries formaient la cavalerie. En effet seuls les plus riches de tous avaient les moyens de se fournir un cheval. Ces 18 centuries formaient l''ordre équestre' et leurs membre étaient appelés 'chevaliers'. Dans l'organisation politique de la République, seuls les chevaliers pouvaient prétendre aux plus hauts postes ('Cursus honorum').

Les dernières centuries fournissaient les vélites (l'infanterie légère), car les plus pauvres ne pouvaient guère se procurer d'équipement. Le reste des centuries fournissaient l'infanterie lourde (hoplites). (À l'époque la légion romaine fonctionnait de façon encore très similaire à la phalange grecque.)

Plus tard, l'armée romaine fut profondément réformée et le mode de recrutement changea (Caius Marius, -107) et désormais les hommes étaient engagés (surtout parmi les prolétaires), on leur payait l'équipement, et ils recevaient une solde. L'armée s'était professionnalisée. Le lien civique entre l'armée et la population disparut, et les légions étaient souvent plus fidèles à leur général qu'à la République. Ceci permit le développement des guerres civiles qui provoquèrent la fin de la République, et annonce le passage de l'armée 'républicaine' à l'armée 'impériale'. La signification civile du terme 'centurie' disparut rapidement sous l'Empire, et on n'en retint bientôt que le sens militaire.